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La stèle de Mésa, également appelé “pierre moabite”. Ce qui est extraordinaire concernant cette
découverte archéologique est que cette stèle
n’a pas été découverte au cours
de fouilles, elle gisait simplement à la surface.
Fac-simile réalisé par B. Bonte |
Il existe plus versions de son histoire. Selon l’ouvrage “Sur la pierre et l’argile” d’Henri Michaud, (édité par Delachaux et Niestle - paru en 1958), la stèle aurait été découverte par F. A. Klein, missionaire allemand, à Dibon (actuellement Dibhan), en 1868. Mais Clermont-Ganneau s’impose de toute évidence comme celui qui l’a découvert en premier. À cette époque il travaillait au consulat de Jérusalem. Il a entendu parler de cette stèle et en a commandé un estampage. Cette reproduction peut être vue au Louvre, aux côtés de la stèle de Mésa originale. Il avait compris que la stèle était d’une valeur inestimable, c’est pour cette raison qu’il en avait commandée la copie. Dès que ce fut fait, la reproduction a été mise en pièces lors d’un combat parmi la population. Clermont-Ganneau voulait acheter la stèle mais les Arabes étaient méfiants. Il était trop impatient. La population ne pouvait pas comprendre pourquoi il tenait tant à acheter une pierre “sans valeur”. Ils ont alors pensé qu’il y avait un trésor caché à l’intérieur. Afin de le découvrir, ils ont allumé un feu autour, et quand elle a été bien chaude, ils ont déversé de l’eau dessus. La différence de température a fait éclater la stèle en morceaux. Il n’y avait pas de trésor caché à l’intérieur. Clermont-Ganneau a pu acheter les morceaux qui sont maintenant au Louvre. La stèle actuelle a été reconstituée à partir des fragments et du plâtre, selon la reproduction qui avait pu en être faite.
Le matériau de cette stèle est en basalte. Sa dimension est de 124 cm de hauteur sur 71 cm de large. Elle est écrite en Phénicien. Elle date d’environ 800 avant notre ère. Sur cette stèle Mesha, roi de Moab, raconte l’histoire de sa conquête d’Israël. Pour mieux comprendre le contexte, mentionnons qu’il était un adorateur du dieu Kemosh.
Nous pouvons lire :
« C’est moi, Mesha, fils de Kamosh(gad), roi de Moab, le Dibonite. Mon père a régné trente ans sur Moab et moi, j’ai régné après mon père. J’ai construit ce sanctuaire pour Kamosh de Qerihoh, (sanctuaire) de salut car il m’a sauvé de tous les agresseurs et il m’a fait me réjouir de tous mes ennemis. Omri fut roi d’Israël et opprima Moab pendant de longs jours, car Kamosh était irrité contre son pays. Son fils lui succéda et lui aussi il dit : “J’opprimerai Moab”. De mes jours, il a parlé (ainsi), mais je me suis réjoui contre lui et contre sa maison. Israël a été ruiné à jamais. Omri s’était emparé du pays de Madaba et (Israël) y demeura pendant son règne et une partie du règne de son fils, à savoir quarante ans : mais de mon temps Kamosh l’a habité. J’ai bâti Ba’al-Me’on et j’y fis le réservoir, et j’ai construit Qiryatan. L’homme de Gad demeurait dans le pays de ’Atarot depuis longtemps, et le roi d’Israël avait construit ’Atarot pour lui-même. J’attaquai la ville et je la pris. Je tuai tout le peuple de la ville pour réjouir Kamosh et Moab. J’emportai de là l’autel de Dodoh et je le traînai devant la face de Kamosh à Qeriyot où je fis demeurer l’homme de Saron et celui de Maharot. Et Kamosh me dit : “Va, prends Neboh à Israël”. J’allai de nuit et je l’attaquai depuis le lever du jour jusqu’à midi. Je la pris et je tuai tout, à savoir sept mille hommes et garçons, femmes, filles et concubines parce que je les avais voués à ’Ashtar-Kamosh. J’emportai de là les vases de Yahwé et je les traînai devant la face de Kamosh. Le roi d’Israël avait bâti Yahas et il y demeura lors de sa campagne contre moi. Kamosh le chassa de devant moi. Je pris deux cents hommes de Moab, tous ses chefs, et j’attaquai Yahas et je la pris pour l’annexer à Dibon. J’ai construit Qerihoh, le mur du parc et celui de l’acropole, j’ai construit ses portes et ses tours. J’ai bâti le palais royal et j’ai fait les murs de revêtement du réservoir pour les eaux, au milieu de la ville. Or, il n’y avait pas de citerne à l’intérieur de la ville, à Qerihoh, et je le dis à tout le peuple : “Faites- vous chacun une citerne dans votre maison”. J’ai fait creuser les fossés (autour) de Qerihoh par les prisonniers d’Israël. J’ai construit Aro’er et j’ai fait la route de l’Arnon. J’ai construit Bet-Bamot, car elle était détruite. J’ai construit Bosor, car elle était en ruine, avec cinquante hommes de Dibon, car tout Dibon m’était soumis. J’ai régné ... cent avec les villes que j’ai ajoutées au pays. J’ai construit ... Madaba, Bet-Diblatan et Bet-Ba’al-Me’on. J’ai élevé là ....troupeaux du pays. Et Horonan où demeurait ... Et Kamosh me dit : “Descends et combats contre Horonan”. J’allai (et je combattis contre la ville et je la pris ; et) Kamosh y (demeura) sous mon règne .... de là ... C’est moi qui ... »
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La suite du texte est trop détériorée pour pouvoir être traduite.
En hébreu ancien les mots étaient constitués de consonnes et se lisait de droite à gauche. La stèle est écrite dans une langue proche de l’hébreu. C’est de toute logique puisque les Moabites étaient les descendants de Lot, neveu d’Abraham.
Pour ce qui concerne le nom divin, elle est d’une importance capitale. Sur la 18ème ligne, à droite, on peut voir écrit “YHWH”. La forme YHWH du nom divin était bien connue de Mesha et de ses contemporains.
Il est intéressant de noter que le récit biblique contenu en II Rois chapitre 3 se rapporte à la même période. Mesha est même mentionné au verset 4 : « Quant à Mésha le roi de Moab, il devint éleveur de moutons, et il payait au roi d’Israël cent mille agneaux et cent mille moutons mâles non tondus »
Le livre “Het verhaal van de bijbel”
(L’histoire de la Bible) pages 32-34 (publié par la
Société Biblique Belge, 1985, première édition)
déclare : “"En II Rois chapitre 3 il est mentionné
qu’une colation d’armées d’Israël,
Juda et Édom ont pénétré dans le pays
de Moab, quand Mesha se levait. Selon ce récit Moab a été
détruit et Mesha a été enfermé dans
une forteresse. En sacrifiant son fils, il a évité
une défaite totale.” Le récit biblique diffère
fortement du rapport qu’en fait Mesha sur la stèle.
Nous trouvons le texte suivant dans la Bible : Le sceptre ne s’écartera pas de Juda” (Genèse 49:10). Qu’est-ce qu’un sceptre ? Un sceptre est un instrument ornemental apparentant à un dirigeant. C’est un symbole de sa puissance. À la tête du sceptre est souvent placé un écusson en guise de décoration. Dans notre cas, il a la forme d’une grenade. La grenade était une image de la vie de tous les jours pour les Israélites, ils la voyaient fréquemment dans l’ornementation du temple de Salomon. - I Rois 7 : 18.
La magnifique couronne sur cette image est en ivoire et ne mesure que 43 millimètres de haut.
Vu l’écriture des anciennes consonnes hébraïques, cet objet d’art a été daté du huitième siècle avant notre ère. Que peut-on y lire ? Malheureusement, le texte n’est plus complet parce qu’un morceau de l’écusson s’est cassé et a été perdu.
Mais des paléographes (spécialistes des écritures anciennes) pensent qu’on doit lire “Don sacré aux prêtres de la maison de YHWH”.
Il est bien connu que l’expression “maison de YHWH” (Jahweh ou Jéhovah) est d’usage courant dans la Bible (voir aussi “Tesson d’Arad” également sur ce site).
Cet objet a été créé avec tant d’habileté qu’il est possible de voir la moindre différence en comparaison avec l’originel. Il a été présenté à l’exposition “La Bible et le Nom” en 1999 à Anvers (Belgique) et ensuite dans plusieurs autres pays européens.
Les sceaux en cire nous sont familiers. De nos jours, ils sont toujours
utilisés pour donner un cachet spécial à certains
documents, par exemple un diplôme ou un certificat.
Les archéologues ont fréquemment trouvé des sceaux sur le sol en Israël. Parfois ces sceaux mentionnaient le nom de leur propriétaire. Par exemple, on a retrouvé les sceaux de dirigeants de l’époque biblique comme Ahaz, Hezekia et la reine Jézabel. Un sceau au nom de Baruch, secrétaire du prophète Jérémie, a également été trouvé. Les sceaux peuvent avoir différentes formes, pouvaient être ronds et contenir une image. On les appelle des sceaux cylindres. Le plus souvent ils représentaient un scarabée, comme celui que nous voyons sur la photo. Ce sceau minuscule pouvait faire partie d’un anneau au doigt de son propriétaire. Au lieu de signer un document, il posait une petite quantité de cire ou d’argile sur le document et une fois qu’il était entièrement d’accord il apposait son sceau en pressant la cire ou l’argile, cela devenait un document légal authentique. Parfois on utilisait un sceau pour clore un document, par exemple un certificat ou un testament - voir Daniel 12 : 9. Quelqu’un qui se voyait confier le sceau royal (par le roi lui-même) pouvait émettre des décrets royaux - voir Esther 8 : 2, 8 et 10.
Cette photographie montre un sceau en jaspe. Ses dimensions sont de 11,5 x 7,5 x 4,5 millimètres seulement.
Pour vous donner une idée de la taille réelle.
Sur cette minuscule pierre, on voit gravé le texte en miroir en toutes petites consonnes hébraïques anciennes. C’est pratiquement illisible mais des experts, après un examen approfondi, sont d’accord pour dire qu’on peut y lire :
lmqnyw ‘bd . yhwh
Traduction : (appartenant) à Miqneyaw serviteur de JHWH
Le résultat de l’impression du sceau :
Il s’agit probablement de Mikneiah le Lévite, qui jouait de la harpe lorsque l’Arche de l’alliance, lors d’une grande festivité menée par le roi David, a été conduite à Jésuralem - voir I Chroniques 15 : 18, 21 et 28.
Note additionnelle :
À côté de l’usage littéral de sceaux,
la Bible mentionne également des sceaux symboliques, comme
par exemple en Révélation 5 : 1(-5). Le fait d’ouvrir
ou de briser les sceaux entraîne des plaies symboliques sur
le monde. Également, ceux qui ont reçu l’approbation
de Dieu, sont “scellés” - voir Révélation
7 : 4 et Haggaï 2 : 23.
La plus grande découverte archéologique, après
les rouleaux de la mer Morte, a été faite en 1979
aux alentours de Jérusalem par l’archéologue
Gabriël Barkay Il mit à jour une ancienne grotte à
Ketef Hinnom, datée de la fin du 7ème siècle
avant notre ère. Elle est donc antérieure à
la destruction de Jérusalemn en 607 avant notre ère.
L’intérieur de la grotte était toujours intact
et ils ont trouvé un millier d’objets d’intérêt
archéologique, parmi lesquels deux amulettes enroulées
en argent. Cette grotte devait appartenir à quelque famille
en vue de Jérusalem. Tous ces objets ont rendu possible la
datation de la grotte et dans la foulée la date de ces petits
rouleaux. Au milieu des rouleaux il y avait une petite ouverture,
qui permettait de passer un fil fin à l’intérieur,
il est possible que ces amulettes aient été portées
autour du cou ou du poignet.
Il s’est avéré très difficile d’ouvrir ces rouleaux. Vu leur âge, ils pouvaient se rompre facilement. Quand cela a été mené à terme, on a pu voir que ces plaques d’argent mesuraient environ 3 cm de large. Ils ont mis à jour une inscription finement gravée qu’ils ont réussi à déchiffrer avec beaucoup d’efforts. Les deux rouleaux contiennent à peu près le même texte : Nombres 6 : 24-26 :
Que Jéhovah te bénisse et te garde.
Que Jéhovah fasse briller sa face vers toi et qu’il
te favorise.
Que Jéhovah lève sa face vers toi et t’assigne
la paix.
- Traduction du monde nouveau
Il est intéressant également de lire ce qui est contenu
au verset 27 :
Et ils devront mettre mon nom sur les fils d’Israël,
pour que moi, je les bénisse.
- Traduction du monde nouveau
Apparemment, certains Juifs ont appliqué ce verset de façon tout à fait littérale !
Pourquoi cette découverte est-elle si importante
?
Tout d’abord parce que c’est la plus vieille citation
de la Bible jamais trouvée, d’environ 400 ans antérieure
aux Manuscrits de la mer Morte. D’autre part, le nom divin
y figure trois fois, sous la forme JHWH, dans une graphie hébraïque
très ancienne. Les rouleaux originaux sont actuellement au
musée d’Israël, à Jérusalem.
Lachis (actuellement Tell ed-Duweir), dans l’ancien Israël,
était une ville fortifiée, qui a eu une grande importance
dans l’histoire de ce pays. Les fouilles ont révélé
que cette cité aurait apparemment été détruite
deux fois par le feu - approximativement en 618-619 et 609-607 avant
notre ère. Entre 1935 et 1938, 21 tessons comportant des
écritures ont été trouvées dans les
cendres du second incendie. Ces tessons, également appelés
ostraca (singulier : ostracon), étaient en fait des courriers
adressés par une avant-garde des forces judéennes
et étaient destinées à Ya’osh, un commandant
militaire à Lachis. Le contexte de ces lettres est en rapport
avec des menaces provenant de Nebuchadnezzar, le roi de Babylone.
À cause de la révolte d’Israël, il marchait
contre Jérusalem.
Nous pouvons lire dans la lettre numéro 4 :
“Puisse YHWH faire entendre à mon seigneur de bonnes nouvelles, ....Concernant tout ce pourquoi votre serviteur a été envoyé il l’a faite. J’ai écris toutsur un papyrus en conformité de l’ordre de mon seigneur. En se qui concerne mon seigneur selon l’affaire de Bet Harafid, il n’y a là personne. Et Samachjahu – Semajahu il a été pris et il a été envoyé à la ville. Et votre serviteur – je ne peux pas l’y envoyer comme témoin (aujourd’hui) mais il peut venir dans le courant de la matinée. (Il peut venir) Et il peux savoir que nous observons les signaux de feu provenant de Lachis, selon les signaux que m’a confié mon seigneur, parce que nous ne pouvons pas voir Azekah”
- Nous montrons l’ostracon ci-dessous (image du haut)
Il est intéressant de noter que la Bible mentionne aussi cette situation en Jérémie 34 : 6, 7 : Jérémie le prophète dit alors à Tsidqiya le roi de Juda toutes ces paroles, à Jérusalem, 7 tandis que les forces militaires du roi de Babylone combattaient contre Jérusalem et contre toutes les villes de Juda qui restaient, contre Lakish et contre Azéqa ; car celles-ci, les villes fortifiées, étaient celles qui restaient parmi les villes de Juda.
Des autres lettres aussi nous donnons la traduction :
Ostracon II:
« A mon seigneur Jaos. Puisse YHWH apporter un message de paix, maintenant aujourd’hui ! Qui est votre serviteur – un chien, que mon seigneur se souvient de son serviteur ? Puisse YHWH permettre à mon Seigneur d’être le premier. Raconte ce que vous ne savez pas. »
Ostracon III:
« Ton serviteur Hosajahu m’envoie avec une missive à mon Seigneur J(a)o(s) Puisse YHWH faire entendre à mon seigneur un message de paix et une dépêche de bonheur. Eh bien, ouvrez votre oeil de votre serviteur pour la lettre que vous avec envoyée a votre serviteur hier au soir ! Le cœur de votre serviteur est malade depuis l’envoie a votre serviteur en que mon Seigneur dit : « ne pas savoir lire la lettre » Aussi bien de YHWH vit ! Si quelqu’un n’a jamais éprouvé de me lire une lettre ! Et même toute lettre qui vient chez moi – si je l’ai lu je peux le reproduire. Et a votre serviteur a été dit : descendu est le chef de l’armée Konjahu, le fils de Elnatan, pour se rendre en Egypte. Et Hodawjahu, fils de Achijahu, et ses hommes – il les a envoyés pour les accompagner par ici. Et la lettre de Tobijahu, le serviteur du roi, il est arrivé à Sallum, le fils de Jada, du coté du prophète disant : « Fait attention ! – votre serviteur l’a envoyé à mon Seigneur. »
Ostracon V:
« Puisse (YHWH) faire entendre à mon Seigneur un message de paix et (maintenant aujourd’hui) Qui est votre serviteur – un chien que vous avez envoyé vers votre serviteur avec des lettres ? Votre serviteur renvoi ces lettres à mon Seigneur. Puisse YHWH vous faire voire une récolte de bonheur aujourd’hui. Puisse Tobijahu apporter a votre serviteur la semence royal. »
Ostracon VI::
« A mon seigneur Jaos. Puisse YHWH mon seigneur faire voire la paix! Qui est votre serviteur – un chien qui a été envoyé par mon seigneur [la lettre] de ses supérieurs, disant : lisez ! Et voyez les mots de ses supérieurs n’est pas bonne, ils rendent faible, et laisdsent tomber les mains de ses hommes…. Il sait … Mon seigneur, n’écrirez vous pas à eux disant : Pourquoi faites vous cette chose et à Jérusalem ? Regardez à côté de votre roi et à sa maison [vous faites cette chose] Aussi bien que YHWH vit : Depuis que votre serviteur à lu ces lettres il n’y avait plus de repos pour votre serviteur. »
Ostracon IX:
« Puisse YHWH faire entendre à mon seigneur un message de paix et de bonheurr ! Voici donne du pais et du vin. Renvoi a votre serviteur un mot écrit par la main de Selenjahu ce que nous pouvons faire demain. »
En ce qui concerne le nom divin, il est intéressant de voir que sur toutes les ostraca lisibles nous retrouvons des expressions telles que “Puisse YHWH faire entendre à mon seigneur de bonnes nouvelles”, preuve que le nom divin était couramment utilisé ! Et que à cet époque il n’y avait pas encore de superstition concernant l’emploie du Nom de Dieu !
Pendant la conquête du pays, les Israélites sont entrés en conflit avec le roi d’Arad. Un certain nombre d’habitants de cette ville et le roi lui-même savaient comment échapper à la destruction. Plus tard, Josué a vaincu 31 rois durant cette conquête, dont le roi d’Arad - voir Josué 12 : 14.
On peut trouver de nos jours des ruines à Tel’Arad, l’Arad des temps bibliques. Cet endroit se situe dans le désert du Négev et présente un grand intérêt historique. Aux alentours de 1965, 200 ostraca et tessons datant du 7ème siècle avant notre ère ont été découverts, dont la moitié ont été écrits en hébreu ancien et l’autre moitié en araméen.
Pourquoi écrivait-on sur des tessons ?
Dans les temps anciens, les matériaux tels que le papyrus ou le vélin étaient très chers. Une alternative consistait à écrire sur des morceaux de vase ou de jarre brisés. L’argile était bon marché, c’est pour cela qu’on a trouvé un peu partout des fragments sur lesquels les gens avaient écrit.
Sur l’un de ces tessons, “la maison de JHWH” est mentionnée. Il s’agit d’une lettre personnelle de la part d’un serviteur d’Eljasib. Elle débute par ces mots “À mon seigneur Eljasib, que JHWH cherche ta paix”... et se termine par : “Il vit dans la maison de JHWH”.
À cette époque il était courant d’utiliser le nom divin dans des écrits religieux. Mais qu’y a-t-il de spécial dans cet ostracon ? Eh bien il s’agit d’un message personnel utilisant le nom divin. C’est également le cas des lettres de Lakis. Elles aussi comportent des messages personnels (voir également autre part dans les pages de l’archéologie).
Le Papyrus Nash consiste en 4 fragments comportant 24 lignes de
texte en hébreu. Il mesure 7,5 cm de large sur 12,5 cm de
haut. Il est préservé actuellement à l’Université
de Cambridge et doit son nom à W.L. Nash, secrétaire
de la “Société d’Archéologie Biblique”,
qui l’a acheté en 1902 à un marchand égyptien.
Le papyrus a été publié en 1907 par S.A. Cooke
dans le magazine “Proceedings” de cette même société.
Après examen on constate que les 24 lignes sont incomplètes. Il leur manque à chacune un caractère ou un mot au début et à la fin. Ce texte contient un extrait des Dix commandements (Exode chapitre 20 et quelques versets tirés de Deutéronome chapitres 5 et 6. Le fait que le texte a été écrit en une fois prouve qu’il ne s’agissait pas d’une copie. Ce document devait faire partie d’une collection d’ordres qu’un juif se devait de faire vis-à-vis de son Dieu.
Le papyrus est daté du second siècle ou du premier avant notre ère, ce qui en fait un document de grande valeur.
Le tétragramme est écrit huit fois dans le texte. Une fois il est incomplet, la première lettre manque. Sur la dernière ligne, le nom divin est écrit deux fois.
La collection des papyrus Fouad (Fouad, inventaire 266) est en possession de la Société Égyptienne de Papyrologie au Caire. Cette collection est datée du premier siècle avant notre ère.
Cette collection a été découverte en Égypte en 1939, elle inclut des portions des livres bibliques de la Genèse et du Deutéronome. Le nom divin ne figure pas dans les fragments tirés de la Genèse, parce que le texte est incomplet. Mais dans le livre du Deutéronome, à l’intérieur même du texte grec, il est écrit 49 fois en caractères hébraïques. Le nom divin se trouve également dans des fragments qui ne sont pas identifiés (fragments 116, 117 et 123).
Dans un commentaire sur cette collection, Paul
Kahle a écrit dans “Studia Evangelica”, édit
par Kurt Aland, F. L. Cross, Jean Daniélou, Harald Riesenfeld
et W.C. van Unnik, Berlin 1959, page 614:
“Une caractéristique particulière du papyrus
est le fait que le nom divin est écrit sous la forme du tétragramme
en caractères hébreux carrés. Suite à
ma demande pour un examen par le père Vaccari, il vint à
la conclusion au regard des fragments publiés que le papyrus
a dû être écrit 400 ans avant le codex B, probablement
le plus parfait des textes de la Septante qui nous est parvenu”.
Lorsqu’en 1947 on a découvert, par hasard, les rouleaux de la mer Morte, la nouvelle a fait le tour du monde ! Des bédouins locaux et des archéologues avaient commencé à fouiller avec ténacité, à la recherche d’anciens manuscrits. Un vieil homme s’est souvenu d’un incident datant de sa jeunesse. Il était à la poursuite d’une perdrix et avait trouvé accidentellement une grotte avec des tessons et une vieille lampe à huile, preuve que des gens y avaient habité. Cet homme avait une bonne mémoire et se souvenait encore de la fissure par laquelle il était passé pour entrer dans la grotte. Les fouilles ont commencé dans le sol et à un mètre de profondeur ils ont mis au jour de précieux documents, au total 40 000, provenant de 400 manuscrits environ. Environ 400 étaient des portions de la Bible. Tous les livres de l’Ancien Testament étaient représentés, à l’exception d’Esther.
Les manuscrits anciens sont toujours d’une grande importance parce qu’ils révèlent beaucoup de choses sur l’histoire humaine. Beaucoup de fragments étaient faits de papyrus, matériau que l’on utilisé pour écrire depuis 2000 avant notre ère. Il est fait de la fibre d’une plante aquatique appelée papyrus, qui pousse le long des rives du Nil, en Égypte. Le mot “papier” dérive du mot “papyrus”.
Quelques portions de la Septante écrits sur papyrus, en grec, que l’on a découvert l’ont été au premier siècle avant notre ère. Un de ces fragments, contenant des versets du Lévitique, n’utilise pas le mot “Kurios” ou “Seigneur”, mais la forme du tétragramme IAW (ou IAO) - une translittération en grec du nom divin, ce qui met en évidence son usage.
Le fragment présenté contient le passage de Lévitique 3 : 12 et 4 : 27. Sa taille approximative est de 9 cm de large sur 5 cm de haut.
En 1961, un groupe d’experts a commencé l’exploration des grottes de Nahal Hever, dans le désert aride de la mer Morte. Ils risquaient leur vie en descendant à l’aide de câbles d’acier à l’intérieur de la caverne, située 80 mètres au-dessous. Ce qu’ils y ont trouvé était si horrible qu’ils ont surnommé cette grotte la “Grotte de l’Horreur”. Ces explorateurs ont découvert 40 squelettes d’adultes et d’enfants qui s’étaient cachés à cet endroit. Ils étaient des adeptes du chef juif Bar Kochba. Pendant leur séjour dans la grotte, les Romains étaient cantonnés en haut du rocher. Ils étaient littéralement pris au piège et sont probablement morts de faim et de soif.
Ces explorateurs ont également fait une autre découverte importante, qui est en rapport avec le nom divin : ils ont trouvé des vieux manuscrits. Neuf fragments ont dû faire partie d’un ancien rouleau en cuir, contenant les livres bibliques de Osée à Malachie. C’est pour cette raison qu’on l’appelle le “Rouleau des petits prophètes”. Le texte est écrit en grec - la langue usuelle de l’époque - et est daté entre 50 avant notre ère et 50 de notre ère. En conséquence, cela inclut la période où Jésus a vécu sur la terre. Que savaient-ils à l’époque du nom divin ?
Du fait que la Septante, d’usage courant à l’époque de Jésus, avait remplacé le tétragramme par le mot “Kurios“ (qui signifie “Seigneur”), on avait présumé que les premiers chrétiens n’utilisaient pas le nom divin. Mais la découverte de ces fragments a mis fin à la discussion théologique de savoir si Jésus et ses apôtres ont utilisé le nom divin Jéhovah ou Jahweh ou non. Les fragments, écrits en grec, contiennent le nom divin écrit avec une graphie hébraïque ancienne, montrant ainsi que le nom divin était encore utilisé par les Juifs à cette époque. Des versets tels que Matthieu 6 : 9 et Jean 17 : 6 sont des preuves que Jésus utilisa et loua le nom de son Père.
Nous montrons ici deux fragments trouvés dans cette grotte. Le premier et le plus large des fragments contient des portions du livre de Habakuk (Habakuk 2 : 15-20 et 3 : 9-14). On peut voir le tétragramme écrit deux fois dans une autre écriture, le paléo hébreu. Le second fragment contient des portions de Zacharie (Zacharie 8 : 20 et 9 : 1,4). Là aussi on peut voir le tétragramme écrit deux fois, en hébreu du premier siècle.
Deux scientifiques d’Oxford, Bernard P. Grenfell et Arthur
S. Hunt, ont été envoyés en expédition
en Égypte vers la fin du 19ème siècle. Le lieu
dénommé Behnesa semblait plein de promesse à
Grenfell à cause de son ancien nom en grec : Oxyrhynchus.
Cette ville était le centre de la chrétienté
égyptienne aux 4ème et 5ème siècles.
Les explorateurs souhaitaient trouver de la littérature chrétienne,
mais leurs investigations dans les cours d’église et
dans les maisons en ruine n’apportèrent rien. Il ne
restait rien que des montagnes de déchets à examiner
et certaines d’entre elles mesuraient 9 mètres de haut
! En dépit du peu d’espoir, ils se sont mis à
la tâche. En janvier 1897 ils ont fait quelques forages exploratoires
et dans l’heure ils ont trouvé des vieux papyrus. En
quelque trois mois, ils ont découvert environ deux tonnes
de papyrus et dans l’année qui a suivi ils en ont trouvé
encore d’autres.
La majorité des documents étaient écrits par des gens qu’on considérerait comme le commun peuple. Ce qui prouve que le grec koïnè, la langue usuelle, était utilisé dans la rue par des gens ordinaires. Ils ont également trouvé des fragments de manuscrits bibliques avec peu de décoration et de médiocre qualité - la bible des gens ordinaires.
Ce fragment, Oxyrhynchos 3522, est daté du premier siècle avant notre ère. Ses dimensions sont de 7 cm sur 10,5 cm. Le texte est extrait de Job 42 : 11, 12. Il est intéressant de noter ici l’usage du nom divin. Une opinion répandue consistait à dire que le nom divin ne figurait pas dans la Septante, mais ces fragments prouvent le contraire.
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Il existe encore des manuscrits préservés
écrits sur parchemin datant du début de notre
ère. De nombreux extraits des Saintes Écritures
y sont inclus. Ils étaient souvent attachés
autour de deux bâtons, un à chaque extrémité,
on les appelait “rouleaux”. Luc 4 : 17 (jusqu’au
v. 21). |
Les écrits sur du parchemin avaient l’avantage d’être plus solides et de durer plus longtemps que ceux écrits sur papyrus. En latin, les parchemins sont appelés “pergamena”. Le procédé utilisé pour fabriquer des parchemins a été développé dans l’ancienne cité de Pergame. Ils prenaient des peaux de chèvres, mouton ou veaux et traitaient le cuir de telle manière qu’on pouvait écrire sur chaque face. Les rédacteurs utilisaient une plume de roseau et l’encre était faite de gomme, de suie et d’eau.
À la Bibliothèque Nationale de Vienne, en Autriche, on peut voir un certain fragment daté du 3ème ou 4ème siècle. Ce fragment contient un texte en grec, mais il est tout à fait remarquable que le nom divin y figure écrit en ancien hébreu. Ce fragment contient des versets tirés du Psaume 69, en particulier les versets 13, 30 et 31. Ce parchemin est supposé avoir été écrit par Symmachus, que certains considèrent comme un Juif converti au christianisme. Il était le traducteur de l’Ancien Testament en grec à partir de l’hébreu. Dans sa traduction, effectuée aux alentours de 200 de notre ère, il s’est efforcé de donner dans le texte grec le sens exact tel qu’il se trouvait dans les Écritures Hébraïques.
Que faisaient les Juifs de l’ancien temps avec des vieux manuscrits qui ne pouvaient plus être utilisés davantage ? Par respect pour le nom divin, ils ne les jetaient pas ni ne les détruisaient. Ils stockaient ces vieux documents dans une pièce faisant partie de la synagogue, appelée genizah. Quand il n’y avait plus de place disponible dans la genizah, ils emportaient les matériaux dans un lieu saint et les brûlaient cérémonieusement. Le temps a décomposé le reste.
En 1890, Solomon Schechter a découvert une telle genizah au Caire, en Égypte. Il a trouvé une quantité énorme de manuscrits, y compris des extraits de la Bible. La genizah a été retrouvée intacte parce que les documents avaient été mis dans la brique - mis ainsi à l’abri pour plusieurs siècles. La superstition a joué sa part : un serpent venimeux était censé être à l’entré de la genizah, prêt à tuer les voleurs.
Parmi ces anciens documents, l’un d’entre eux est particulièrement digne d’intérêt, il a été écrit vers l’an 128 de notre ère par un prosélyte juif nommé Aquila. Ce document est un palimpseste - manuscrit effacé et réutilisé à plusieurs reprises : dans la plupart des cas le parchemin était lavé et/ou gratté à la pierre ponce, et réutilisé à nouveau pour écrire. Dans ces cas-là, l’ancien texte gratté était toujours visible derrière le nouveau. Ce parchemin contient des extraits du livre des Psaumes en grec, traduits par Aquila. En différents endroits le nom divin est écrit en hébreu archaïque.
Il est intéressant de noter qu’Origène, théologien du troisième siècle, a utilisé la traduction d’Aquila dans sa fameuse Hexaples. Dans cet ouvrage colossal il avait placé les différentes versions du texte des Écritures Hébraïques sur six colonnes les unes à côté des autres.
Colonne 1: texte hébreu et araméen
Colonne 2: traduction en grec de la colonne 1
Colonne 3: traduction en grec d’Aquila
Colonne 4: traduction en grec de Symmaque
Colonne 5: la Septante grecque, version révisée par
Origène
Colonne 6: traduction en grec de Theodotion
En présentant ces traductions ensemble, Origène espérait pouvoir faire la lumière sur le texte original.
Codex Aleppo
Environ 930
Encore plus ancien que le Codex Leningradensis, est le Codex d’Aleppo, écrit vers l’année 930, sur du vélin. Elle est écrite dans une belle écriture régulière à la main par un des Massorètes, quelqu’un de la famille de Ben Ascher. Elle à été conservé pendant des siècles dans l’ancienne synagogue d’Aleppo, en Syrie. Elle a été cachée pendant longtemps par superstition religieuse que d’expertises profaneront le codex. A l’origine elle contenait l’entièreté de l’ancien testament, écrite sur 760 pages. Mais après un incendie au siècle passé, il y a environ un quart du codex qui est perdu. Le manuscrit se trouve maintenant en Israël. Dans ce codex aussi, le Nom de Dieu, sous la forme d’un tétragramme est employé couramment.
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Le graphisme le plus ancien avec le texte complet de la bible hébraïque (mieux connue sous le nom d'ancien testament) date de 1008/1009 et se trouve dans la bibliothèque nationale russe de St. Petersburg, ancienne Leningrad. C'est pourquoi, il est connu sous le nom de manuscrit Leningradensis.
Le manuscrit a été écrit par les juifs qui habitaient alors la ville du Caire en Egypte. C’étaient des hommes qui se s'étaient spécialisés dans la copie précise des textes, dans un graphisme régulier et clair. Ils avaient probablement été formés à l'école de Moise Ben Asher, copiste connu de cette époque. Cet ancien graphisme est d'autant plus précieux qu’il est encore dans un parfait état de conservation.
Le savant allemand Rudolf Kittel a utilisé le manuscrit comme source principale pour sa prestigieuse de la Biblia Hebraica, éditée en 1937. Plus tard son collaborateur le Prof. Paul Kahle à continué ce travail, pour aboutir à une édition améliorée, éditée en 1977 ; la Biblia Hebraica Stuttgartensia.
Une jolie page illustrée du manuscrit » - (clique sur la représentation pour agrandir).
Un expert dans le domaine des manuscrits hébraïques a fait savoir que l'image en couleur avec l'étoile de David que vous voyez ci-dessous, est appelée « un tapis Massorétique».
Vous voyez ici une feuille complète du manuscrit Leningradensis. On trouve encore près de 15 représentations semblables dans ce manuscrit. Ce sont des pages avec des ornementations magnifiques, caractéristique de l'art juif du moyen-âge. En outre ils possèdent un message religieux. Ainsi nous trouvons dans les lettres des textes du Deutéronome 12:1, 26:15, 27:10, 28:2, 12-13 et aussi des psaumes 60:10, 63:1, 4 68:20, 28a.
Dans le centre de l'étoile de David, le
copiste se fait connaitre comme Samuel, fils de Jacob.
« Une page avec le texte »
Dans ce vieux graphisme, nous retrouvons le nom
de Dieu à beaucoup d'endroits, sous la forme du tétragramme.
Le premier tétragramme encadré comprend le texte de
genèse 28:20. A l'intérieur du deuxième encadrement,
nous ne voyons pas le tétragramme, mais une conjugaison du
verbe « être ». Il s'agit ici du texte du genèse
28:22.
Dans le texte...