Dans l’ordre correct :
t3 s3 sw w / y h w3 (w)
Certains spécialistes soulignent à juste titre
que les voyelles égyptiennes ne sont pas très
bien connues. Cependant, pour les mots d’origine étrangère
- comme dans notre cas - les Égyptiens utilisaient une
sorte d’alphabet standard avec des “matres lectionis”,
semi-consonnes utilisées comme voyelles. Dans ce système
on prononce : “3” = “a”; w = u en ÿ
= i.
En utilisant ce système, le hiéroglyphe
ci-dessus se lit ainsi :
“ta sasûw yehûa(w)”
Ce qui donne en français : “le pays des nomades
(ou bédouins), ceux de Yehua(w).”
Certains spécialistes ont choisi d’identifier
“Yehua” à un toponyme inconnu. Cela ne peut
être prouvé avec certitude parce qu’il existe
des endroits avec des noms tels que : pays de Juda (Deutéronome
34 : 2) et pays de Ramsès (Genèse 47 : 11). Voire,
si l’on fait référence aux toponymes du
Moyen-Orient de cette époque : pays de Jakob-El, pays
de Josep-El, pays de Lewi-El, etc. Il est évident que
les noms de personnes étaient utilisés dans des
noms de lieux ! (1)
Jean Leclant écrit ceci : «
Il est évident que le nom sur l’écusson
de Soleb dont nous discutons correspond au “tétragramme”
du Dieu de la Bible « YHWH. » » Il ajoute
: « Le nom de Dieu apparaît ici pour la première
fois comme nom d’un lieu. » Dans la note en bas
de page, il explique que les noms de lieux sont souvent dérivés
des noms de dieux. (2)
Il est intéressant de savoir que
l’expression “Shasus”, utilisée par
les Égyptiens, se rapporte aux bédouins vivant
sous leur tente dans la région nord du Sinaï. À
partir du 15ème siècle avant notre ère
jusqu’au 12ème siècle avant notre ère
les colons hébreux conquérant la Palestine étaient
appelés “Hapirus”. Le mot “Apiru”
ou “‘Habiru” signifie “nomades”
dans les langues sémitiques.
Notes :
(1) Gérard Gertoux – “The Name Of God Y.eH.oW.aH
Which is pronounced as it is written I_Eh_oU_Ah – It’s
Story” (voir notre page de liens)
(2) Jean Leclant, Le “Tétragramme” à
l’époque d’Aménophis III, dans “Études
au Moyen-Orient dédicacées à Sa Majesté
le Prince Takahito Mikasa à l’occasion de son 75ème
anniversaire,” pages 215-219, 1991 Wiesbaden.
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